C’est en 2017, sur la scène, dans Carmen de  Bizet, que Benjamin et Guillaume se sont rencontrés. Respectivement Moralès et Zuniga, ils regardaient le jeune Don José se dépatouiller de ses amours adolescentes alors qu’en vieux briscards ils lorgnaient sur les cigarières de Séville.
 

C’est bien ici le départ de ce récital « Entre hommes » qui, si d’évidence n’intègre pas la gente féminine, fait la part belle à ce que nous nommons dans le métier les clés de fa : le baryton et la basse.


Le ténor, ce jeune homme empli d’amour qui est toujours prêt à se battre ou mourir pour sa belle et tendre, ne nous ressemble pas. Nos personnages sont toujours plus adultes, plus responsables et souvent plus retors. Ils sont humains, hommes et quand le ténor veut nous ressembler il se teinte toujours d’accents plus sombres et de largeur qui le rendent dramatique.

 

« Opéra entre hommes »…
Pourquoi pas ?


 


« Entre hommes » c’est aussi un hommage à deux artistes que nous admirons, Thomas Hampson et Samuel Ramey et leur disque No Tenors Allowed  qui se consacrait lui aussi exclusivement aux airs et duos entre le baryton et la basse.


   Riches de ces références communes, de cet humour qui nous poussaient à ce clin d’œil lyrique à nos collègues ténors et leur étrange tendance à se rassembler par trois, nous avons décidé de nous présenter à deux et de vous interpréter les jolies pages que peut offrir le répertoire pour des voix sombres armées de courage, de folie, de force, de peine, en un mot d’humanité.